Accueil > L’actualité > Récit d’expérience d’un temps de formation BAFA1 sur la laïcité

Récit d’expérience d’un temps de formation BAFA1 sur la laïcité

Sur ce BAFA1 l’équipe de formation s’était donné individuellement des objectifs pour sa propre formation. En tout il y en avait 3 : utiliser l’outil vidéo avec les stagiaires ; sensibiliser aux situations de handicap ; animer un temps sur la laïcité.
Ce dernier faisait parti des miens, suite à mon inscription dans le dispositif national de l’Etat relatif à la laïcité, dans le cadre du travail sur la laïcité effectué au sein de l’ARIF.
Fonctionnant en grille ouverte (établie quotidiennement par les stagiaires pour le lendemain), ce temps n’était pas prépositionné. Ce n’est qu’après avoir su que les stagiaires avaient des discussions sur la religion (islam) pendant les repas du midi que j’ai proposé à ceux et celles réuniEs en commission pour préparer la grille du lendemain, d’animer un temps sur la religion en situation d’animation. J’ai volontairement fait usage du terme « religion » plutôt que « laïcité » afin d’attirer leur attention.

Le lendemain la quasi-totalité des stagiaires (une petite quinzaine) se sont inscritEs sur ce temps d’une heure.

J’ai ouvert le temps en leur demandant s’ils/elles voulaient aborder le sujet à travers leur questionnement ou par un apport historicojuridique. Ils/elles ont choisi l’apport.
Parti de la révolution française, c’est en en arrivant à la loi de 2010 sur la dissimulation du visage qu’une stagiaire a dit que là où elle travaillait comme vendeuse elle pouvait porter le voile.
Le nom de la chaîne de vêtement en question a conduit une autre stagiaire à avancer que c’est normal car ce magasin appartient à des juifs. S’en sont suivis des échanges aboutissant à des choses comme « les juifs ils possèdent tout », « les chinois, comme les juifs, ils sont solidaires entre eux ». J’ai alors noté ces phrases sur un paper board, auxquelles j’ai ajouté « les arabes sont tous des terroristes ». La phrase a fait tiquer au sens où il a semblé aux participantEs évident que cette phrase n’était pas vraie. Un stagiaire a alors avançé qu’en écrivant cette phrase je voulais leur faire prendre conscience du problème des généralisations. Ce qui nous a permis de parler de la différence entre notre expérience des choses et l’énoncé d’une généralité, qui plus est discriminante ou pour le moins stigmatisante.

Cette digression ayant eu lieu alors que suite à mon exposé historicojuridique j’aurais pu en venir à parler des postures d’animateurTRICE possibles dans le contexte actuel en matière d’expression d’une appartenance religieuse, j’ai refermé ce temps de formation en mettant en avant que comme à ce moment même notre sensibilité exacerbée sur ce sujet peut facilement nous amener à en oublier de réagir de notre place d’animateurTRICE et que c’est avant tout une vigilance quant à cette réactivité qu’il est important d’avoir en tant qu’animateurTRICE.

En matière de déploiement du dispositif national de l’Etat sur la laïcité, je conclue une chose de cette expérience : il m’a paru évident de repositionner mon intervention sur la base de ce que les stagiaires exprimaient et de ne pas en rester à mon apport historicojuridique.

Sivan Halévy

Partenaires Region Ile de France | Se connecter | Plan du site | Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0

Site réalisé par les CEMÉA Pays de la Loire | Hébergé par Siloh | SPIP